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Où épargner en 2026 ? Dans un contexte marqué par la baisse des taux des livrets réglementés et une stabilisation des taux d’intérêt à des niveaux plus faibles, la diversification des placements apparaît plus que jamais comme un levier essentiel pour améliorer le rendement de son épargne. Assurance vie, ETF, SCPI ou encore crowdfunding immobilier : panorama des solutions d’investissement à considérer en 2026 à partir des données les plus récentes.

Les livrets d'épargne : une forte baisse de rendement confirmée en 2026

Les livrets réglementés conservent un avantage majeur : une garantie totale du capital associée à une exonération d’impôt sur les intérêts perçus. Toutefois, leur rendement a progressivement diminué ces dernières années et demeure relativement limité en 2026.

Depuis le 1er février 2026, les principaux taux applicables sont les suivants :

  • Livret A et LDDS : 1,5 % nets, avec des plafonds respectifs de 22 950 € et 12 000 € ;
  • Livret d'épargne populaire (LEP) : 2,5 % nets depuis le 1er février 2026, avec un plafond fixé à 10 000 €, sous conditions de ressources.

Concernant le LEP, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser :

  • 22 823 € pour une personne seule ;
  • 35 013 € pour un couple avec 2 parts ;
  • 47 203 € pour 3 parts ;
  • 83 773 € pour 6 parts.

L’éligibilité est contrôlée chaque année par la banque à partir de l’avis d’imposition. Le livret peut être clôturé si les plafonds sont dépassés pendant deux années consécutives.

Le LEP conserve ainsi un rendement supérieur à celui du Livret A et du LDDS, tout en bénéficiant d’une exonération d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le plafond de 10 000 € concerne uniquement les versements effectués par l’épargnant : les intérêts peuvent porter le solde au-delà de cette limite sans restriction. En revanche, une fois le plafond atteint, aucun nouveau versement ne peut être réalisé, même après un retrait.

Le Plan Épargne Logement (PEL) poursuit également son recul. Pour les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2025, le taux est fixé à 1,75 % brut, soit environ 1,23 % net après application du prélèvement forfaitaire unique de 30 %. À titre de comparaison, les PEL ouverts en 2024 affichaient un rendement de 2,25 % brut, contre 2 % pour ceux ouverts en 2023.

Du côté des livrets bancaires non réglementés, les rendements restent également limités :

  • environ 0,79 % brut pour les livrets classiques ;
  • jusqu’à 1,54 % brut pour certains « super-livrets » proposés par les banques en ligne, soit près de 1 % net après flat tax.

Ces supports demeurent adaptés à une épargne de précaution grâce à leur sécurité et leur disponibilité immédiate, mais leur attractivité apparaît désormais plus limitée face à d’autres placements susceptibles d’offrir un meilleur potentiel de rendement à moyen et long terme.

L'assurance vie : un placement polyvalent

L'assurance vie permet d’associer sécurité et potentiel de performance grâce à la combinaison des fonds en euros et des unités de compte, tout en bénéficiant d’un cadre fiscal avantageux.

Les fonds euros

  • Capital garanti par l’assureur.
  • Rendement moyen 2024 (servi début 2025) généralement situé entre 2,5 % et 3 % selon les contrats, dans le prolongement de la hausse amorcée depuis 2022.
  • Certains contrats affichent des performances plus élevées, notamment lorsque l’accès aux fonds en euros est conditionné à une part investie en unités de compte : les meilleurs fonds en euros dynamiques dépassent ainsi les 3 %, tandis que certains acteurs ont annoncé des rendements supérieurs à 4 % en 2024 sur leurs supports les plus offensifs.

Unité de compte (UC)

  • Supports non garantis en capital, mais offrant un potentiel de rendement plus élevé sur le long terme.
  • Investissements diversifiés pouvant inclure des actions, obligations, supports immobiliers (SCPI, OPCI), fonds diversifiés ou encore private equity.
  • Possibilité d’adapter l’allocation selon le profil de risque de l’épargnant, avec des stratégies prudentes, équilibrées ou plus dynamiques.

Avantages fiscaux

  • Après 8 ans de détention, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple.
  • L’assurance vie conserve également un cadre favorable en matière de transmission, avec une exonération des droits de succession jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.
  • Certains événements de vie permettent par ailleurs de bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu lors d’un rachat, notamment en cas de licenciement, liquidation judiciaire, départ anticipé à la retraite ou invalidité de catégorie 2 ou 3, sous certaines conditions.

Les ETF : un accès simplifié aux marchés financiers

Les ETF (trackers) ont pour objectif de reproduire la performance d’un indice boursier, comme le CAC 40, le MSCI World, le Nasdaq ou le S&P 500, mais aussi d’indices obligataires ou sectoriels. Accessibles dès quelques centaines d’euros et généralement associés à des frais réduits, ils constituent une solution particulièrement adaptée pour diversifier une épargne sur le long terme.

Comment investir ?

  • Compte-titres ordinaire (CTO) : les plus-values et dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour l’imposition au barème progressif.
  • Plan d’épargne en actions (PEA) : après 5 ans de détention, les gains bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restant dus. Ce support est particulièrement adapté pour investir dans des ETF actions éligibles.
  • Assurance vie : permet d’investir dans des ETF via des unités de compte tout en profitant du cadre fiscal avantageux du contrat et d’une grande souplesse en matière de transmission.
  • Plan d’épargne retraite (PER) : les versements peuvent être déductibles du revenu imposable dans les limites prévues par la réglementation. Les ETF peuvent y être intégrés afin de préparer progressivement sa retraite.

Les atouts des ETF

  • Des frais de gestion généralement bien inférieurs à ceux des fonds traditionnels.
  • Une forte liquidité, avec la possibilité d’acheter ou de vendre en Bourse tout au long des heures d’ouverture des marchés.
  • Des supports accessibles aux investisseurs débutants, tout en répondant également aux besoins des profils plus expérimentés souhaitant construire une stratégie diversifiée à long terme (indices mondiaux, secteurs, thématiques, obligations, etc.).

Les ETF restent toutefois exposés aux variations des marchés financiers et peuvent connaître une volatilité importante. Ils sont donc davantage adaptés à un horizon d’investissement long, généralement d’au moins 5 à 10 ans, associé à une diversification suffisante.

SCPI et crowdfunding : l'immobilier comme alternative

L’immobilier demeure un placement largement privilégié par les épargnants. Parmi les solutions permettant d’y investir sans assurer soi-même la gestion des biens figurent notamment les SCPI et le crowdfunding immobilier. Ces supports ont toutefois été impactés par la remontée des taux d’intérêt et l’ajustement du marché immobilier observés depuis 2022.

Les SCPI : un investissement immobilier simplifié

Les SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier) permettent d’investir dans un portefeuille d’actifs immobiliers — bureaux, commerces, logistique, santé ou résidentiel — administré par une société de gestion spécialisée

Type de SCPIObjectifRendement estimé
SCPI de rendementRevenus locatifs réguliersEnviron 4 % à 4,5 % (taux de distribution moyen récent, non garanti)
SCPI d'achat-reventePlus-values à la reventeVariable, dépend fortement des conditions du marché immobilier
SCPI fiscalesRéduction d'impôt (Pinel, Malraux, déficit foncier…)Selon dispositif et situation personnelle de l'épargnant

Les SCPI s’inscrivent dans une logique d’investissement de long terme, généralement comprise entre 8 et 10 ans minimum. Le capital n’y est pas garanti et la liquidité peut être plus limitée, voire dépendre des conditions de marché, notamment en période de tensions sur l’immobilier.

Crowdfunding immobilier : financer des projets immobiliers

  • Investissement réalisé sous forme de prêts ou d’obligations accordés à des promoteurs immobiliers pour financer des projets de construction, de rénovation ou de promotion.
  • Horizon d’investissement généralement court à intermédiaire, allant de quelques mois à 24 ou 36 mois selon les opérations.
  • Rendements cibles annoncés par les plateformes souvent compris entre 7 % et 10 % brut par an, voire davantage pour les projets présentant un niveau de risque plus élevé.
  • Capital non garanti et immobilisé jusqu’à l’échéance du projet : des retards de remboursement ou des pertes partielles, voire totales, peuvent survenir malgré des taux de défaut encore relativement maîtrisés selon les plateformes. Une sélection attentive des opérations ainsi qu’une diversification entre plusieurs projets et plateformes demeurent essentielles.
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Synthèse des placements en 2026

Les rendements indicatifs et les niveaux de risque doivent désormais être analysés dans un contexte marqué par le recul de l’inflation et la baisse des taux sans risque. Ces paramètres restent susceptibles d’évoluer rapidement. À titre indicatif pour 2026 :

Type de placementRendement estiméNiveau de risqueFiscalité
Livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP)1,5 % à 2,5 % nets selon le livretFaibleExonération d'impôt et de prélèvements sociaux sur les intérêts
Assurance vie (fonds euros)Environ 2,5 % à 4,5 % selon les contrats et la part en UC associéeFaible à modéréFiscalité allégée après 8 ans, prélèvements sociaux sur les gains
Assurance vie (UC)Variable, potentiellement > 5 % à long terme, mais non garantiMoyen à élevéMême cadre fiscal que l'assurance vie, avantageux après 8 ans
ETF5 % à 10 % par an en moyenne sur le long terme pour les grands indices actions (mais très variable)ÉlevéPEA, compte-titres, assurance vie ou PER, fiscalité selon l'enveloppe
SCPIEnviron 4 % à 4,5 % de distribution moyenne récente, non garantieMoyenRevenus fonciers ou PFU selon le montage ; fiscalité à analyser au cas par cas
Crowdfunding immobilier7 % à 10 % brut selon les projetsÉlevéFiscalité des intérêts (le plus souvent PFU 30 %, sauf option barème)

Ces données constituent des estimations fondées sur les informations les plus récentes disponibles en 2026. Les performances peuvent toutefois varier sensiblement selon les contrats, les sociétés de gestion ou les plateformes concernées et ne garantissent en aucun cas les résultats futurs.

Conclusion : une stratégie adaptée à chaque objectif

S’interroger sur les solutions d’épargne à privilégier en 2026 apparaît essentiel afin de construire une stratégie adaptée au nouvel environnement de taux. Le recul significatif des rendements du Livret A, du LDDS et du LEP remet davantage en lumière le compromis entre sécurité du capital et recherche de performance.

  • Priorité à la sécurité ? Les livrets réglementés et les fonds en euros de qualité conservent une place importante pour l’épargne de précaution et les projets à court terme.
  • Recherche d’optimisation fiscale ? L’assurance vie, dans une logique de long terme, ainsi que le PEA pour les investissements en actions, demeurent des enveloppes de référence. Le PER peut également compléter cette stratégie dans le cadre de la préparation de la retraite.
  • Recherche de performance à long terme ? Les ETF bien diversifiés, détenus via un PEA ou une assurance vie, ainsi que certaines SCPI sélectionnées avec attention, peuvent constituer des supports adaptés à une stratégie patrimoniale de long terme.
  • Objectif de rendement élevé ? Le crowdfunding immobilier peut offrir un potentiel de rendement attractif, mais il s’accompagne d’un niveau de risque important et d’une absence de garantie du capital. Ce type de placement est généralement réservé à une part limitée et diversifiée du patrimoine.

L’essentiel reste de mettre en place une stratégie cohérente avec ses objectifs patrimoniaux, son horizon d’investissement et sa tolérance au risque. Une diversification équilibrée entre supports sécurisés et placements plus dynamiques, associée à un suivi régulier de l’évolution des marchés, des taux et de la situation personnelle, demeure un élément clé.