CSG déductible : comment est-elle calculée et quel impact fiscal ?

La Contribution Sociale Généralisée (CSG) est un prélèvement obligatoire destiné au financement de la protection sociale en France. Elle concerne de nombreux types de revenus, parmi lesquels les salaires, les pensions de retraite, les allocations chômage, les revenus du patrimoine ainsi que la majorité des produits de placement. La CSG présente la particularité d’être partiellement déductible de l’impôt sur le revenu, un mécanisme susceptible d’influer sur le montant final de l’imposition du contribuable.
Qu'est-ce que la CSG ?
Mise en place en 1991, la CSG a pour objectif de diversifier les modes de financement de la sécurité sociale en élargissant la base des contributions. À la différence des cotisations sociales traditionnelles, principalement assises sur les revenus d’activité, la CSG s’applique à un champ de revenus plus large. Cette approche contribue à une répartition plus étendue de l’effort de financement de la protection sociale.
En 2025, ce principe demeure inchangé : la CSG occupe une place centrale dans le financement des différents régimes de protection sociale (maladie, famille, vieillesse, solidarité, etc.) et s’inscrit, aux côtés de la CRDS et du prélèvement de solidarité, dans l’ensemble des prélèvements sociaux acquittés par les ménages.
Les différents taux de la CSG
Le taux de la CSG diffère selon la nature des revenus perçus. En 2025, les taux de droit commun applicables à la majorité des contribuables demeurent les suivants :
- Revenus d’activité (salariés et assimilés) : 9,2 %, calculés sur une assiette correspondant à 98,25 % du salaire brut.
- Revenus de remplacement (pensions de retraite et allocations chômage, hors dispositifs d’exonération ou de taux réduits) : 8,3 % pour le taux normal applicable aux retraites et 6,2 % pour de nombreuses allocations de remplacement.
- Revenus du patrimoine et produits de placement : 9,2 % de CSG, intégrés dans un total de 17,2 % de prélèvements sociaux, comprenant 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité.
Par ailleurs, un projet d’augmentation adopté par l’Assemblée nationale prévoit, à compter de 2026, un relèvement du taux de CSG sur les revenus du patrimoine et les produits d’épargne, de 9,2 % à 10,6 %. Cette évolution porterait les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % et entraînerait, par effet mécanique, une hausse du PFU de 30 % à 31,4 %. À ce stade, cette mesure n’est toutefois pas encore définitivement entrée en vigueur et reste conditionnée à son adoption dans le cadre des lois financières.
Le tableau ci-dessous récapitule les taux applicables en 2025, hors réforme future.
| Type de revenu | Taux de CSG | Part déductible de l'impôt sur le revenu | Part non déductible |
| Revenus d'activité salariée | 9,2 % | 6,8 % | 2,4 % |
| Indemnités journalières de la Sécurité sociale | 6,2 % | 3,8 % | 2,4 % |
| Allocations chômage | 6,2 % | 3,8 % | 2,4 % |
| Pensions de retraite (taux normal) | 8,3 % | 5,9 % | 2,4 % |
| Revenus du patrimoine | 9,2 % | 6,8 % | 2,4 % |
Pour les pensions de retraite, ces taux varient en fonction du revenu fiscal de référence (voir ci-après).
La déductibilité de la CSG
La CSG n’est déductible de l’impôt sur le revenu qu’à hauteur d’une fraction de son montant, cette part variant selon la nature des revenus concernés. Pour les revenus d’activité salariée, sur un taux global de 9,2 %, 6,8 % sont déductibles, tandis que les 2,4 % restants ne le sont pas. La fraction non déductible est intégrée au revenu imposable et soumise, à ce titre, à l’impôt sur le revenu.
En 2025, ce mécanisme demeure inchangé : la CSG déductible vient en diminution du revenu imposable au titre de l’année au cours de laquelle elle est acquittée.
Exemple de calcul de la CSG déductible
Prenons le cas d’un salarié percevant un salaire brut mensuel de 3 000 €. En 2025, le calcul de la CSG s’effectue selon les étapes suivantes :
- Assiette de calcul : la CSG est assise sur 98,25 % du salaire brut, soit
3 000 € × 98,25 % = 2 947,50 €. - Montant total de CSG : appliqué à cette assiette, le taux global de 9,2 % conduit à un prélèvement de
2 947,50 € × 9,2 % = 271,17 €. - Part déductible : la fraction déductible, fixée à 6,8 %, représente
2 947,50 € × 6,8 % = 200,43 €. - Part non déductible : la part non déductible, correspondant à 2,4 %, s’élève à
2 947,50 € × 2,4 % = 70,74 €.
Au total, sur les 271,17 € de CSG prélevés, 200,43 € sont déductibles de l’impôt sur le revenu, tandis que 70,74 € restent intégrés au revenu imposable. Les paramètres utilisés (assiette de 98,25 %, taux de 9,2 % et déductibilité de 6,8 %) correspondent à ceux applicables en 2025.
Impact de la CSG déductible sur l'impôt sur le revenu
La déduction de la CSG a pour effet de diminuer le revenu imposable et, par conséquent, le montant de l’impôt sur le revenu. Cette déduction s’applique au titre de l’année au cours de laquelle la CSG est acquittée.
À titre d’illustration, la CSG payée en 2024 est déduite des revenus de 2024, déclarés en 2025. De la même manière, la CSG versée en 2025 sera prise en compte dans la déclaration déposée en 2026.
Particularités selon les types de revenus
Revenus du patrimoine
Pour les revenus du patrimoine, tels que les revenus fonciers, la CSG est appliquée au taux de 9,2 %, dont 6,8 % constituent la part déductible. Cette contribution s’inscrit dans un ensemble de prélèvements sociaux dont le taux global s’élève à 17,2 %.
La déduction de la CSG n’est toutefois possible que lorsque le contribuable a opté pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu. En cas d’option pour le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % — composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 17,2 % de prélèvements sociaux — la CSG n’est pas déductible.
Les discussions en cours relatives à une éventuelle hausse du taux de CSG sur ces revenus à compter de 2026 (passage de 9,2 % à 10,6 %, entraînant un PFU porté à 31,4 %) ne modifient pas, à ce stade, les règles de déductibilité : la part déductible resterait fixée à 6,8 %, l’augmentation envisagée portant sur la fraction non déductible et les autres prélèvements sociaux.
Pensions de retraite
Les pensions de retraite sont soumises à la CSG selon des taux modulés en fonction du revenu fiscal de référence (RFR) du foyer et du nombre de parts fiscales. En 2025, quatre niveaux de taux restent applicables aux pensions de retraite :
- Taux nul : exonération de CSG, sous conditions de RFR ;
- Taux réduit : 3,8 %, entièrement déductible du revenu imposable ;
- Taux médian : 6,6 %, dont 4,2 % sont déductibles ;
- Taux normal : 8,3 %, avec une part déductible de 5,9 %.
Les seuils de RFR déterminant l’application de ces taux sont actualisés chaque année. Pour 2025, ils ont été revalorisés d’environ 4,8 % par rapport à 2024, en cohérence avec l’évolution de l’indice des prix. À titre d’exemple, pour une personne seule (1 part), le RFR 2023 pris en compte pour les pensions versées en 2025 se situe autour des niveaux suivants :
- Exonération totale de CSG jusqu’à environ 12 817 € de RFR ;
- Taux réduit de 3,8 % entre environ 12 818 € et 16 754 € ;
- Taux médian de 6,6 % entre environ 16 755 € et 26 003 € ;
- Taux normal de 8,3 % au-delà d’environ 26 004 €.
Ces seuils sont ensuite majorés en fonction du nombre de parts du foyer (1,5 part, 2 parts, etc.). Par ailleurs, la règle de lissage instaurée en 2019 demeure applicable : le passage à un taux supérieur n’intervient que si le RFR excède le seuil correspondant pendant deux années consécutives, afin de limiter les effets de seuil pour les retraités.
Comment déclarer la CSG déductible ?
Le montant de la CSG déductible est, en règle générale, pré-renseigné sur la déclaration de revenus. Les organismes payeurs (employeurs, caisses de retraite, Pôle emploi, etc.) transmettent directement à l’administration fiscale les informations relatives aux revenus versés et aux prélèvements opérés. Ce mode de fonctionnement demeure la norme en 2025.
Il reste néanmoins indispensable de vérifier l’exactitude des montants pré-remplis, en particulier en cas de changement de situation (départ à la retraite, changement d’employeur, période de chômage, etc.), afin d’éviter toute erreur lors de la déclaration.
Où trouver la CSG déductible dans la déclaration de revenus ?
Lors de la déclaration de revenus, qu’elle soit effectuée en ligne ou sur formulaire papier, les modalités de prise en compte de la CSG déductible varient selon la nature des revenus :
- Salariés et travailleurs indépendants : la CSG déductible est intégrée directement dans les montants de revenus pré-remplis. Elle n’apparaît pas nécessairement de manière détaillée, mais le revenu net imposable tient déjà compte de la fraction de CSG déductible.
- Retraités et bénéficiaires de prestations sociales : la part de CSG déductible est automatiquement incluse dans les sommes déclarées par les caisses de retraite et les organismes sociaux. Les avis et relevés transmis aux retraités mentionnent généralement les montants de CSG appliqués selon chaque taux.
- Revenus du patrimoine et revenus fonciers : lorsque le contribuable a opté pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu, la CSG déductible (6,8 %) doit être reportée dans les rubriques spécifiques relatives aux revenus fonciers ou aux revenus de capitaux mobiliers imposés au barème.
En cas d’anomalie ou d’erreur, la déclaration peut être corrigée manuellement, en s’appuyant sur les relevés fiscaux fournis par les organismes payeurs (banques, compagnies d’assurance, caisses de retraite, etc.) ou sur les attestations annuelles de CSG.
Impact de la CSG déductible sur l'impôt sur le revenu
La CSG déductible vient en diminution du revenu imposable, ce qui se répercute directement sur le montant de l’impôt sur le revenu. L’effet de cette déduction dépend du taux marginal d’imposition (TMI) du contribuable : plus le TMI est élevé, plus l’économie d’impôt générée par la déduction de la CSG est significative.
Exemples d'impact sur l'impôt
À titre d’illustration, examinons trois cas distincts selon le taux d’imposition, en nous appuyant sur le même exemple chiffré, toujours valable en 2025.
| Revenu avant CSG déductible | CSG déductible | Revenu après déduction | Taux marginal imposition | Économie d’impôt |
| 40 000 € | 1 200 € | 38 800 € | 30 % | 360 € |
| 70 000 € | 2 100 € | 67 900 € | 41 % | 861 € |
| 25 000 € | 800 € | 24 200 € | 11 % | 88 € |
Ces simulations mettent en évidence que l’impact de la CSG déductible augmente avec le taux marginal d’imposition. En 2025, la revalorisation modérée du barème de l’impôt sur le revenu liée à l’inflation n’a pas modifié le principe de calcul : le gain fiscal procuré par la CSG déductible correspond toujours au produit de la CSG déductible par le taux marginal d’imposition.
Optimiser sa fiscalité grâce à la CSG déductible
Même si la CSG déductible est appliquée automatiquement, certains paramètres peuvent être pris en compte pour optimiser l’imposition.
1. Choisir le bon régime fiscal pour les revenus du patrimoine
- Opter pour le barème progressif plutôt que le prélèvement forfaitaire unique (PFU) permet de bénéficier de la déduction de la CSG sur les revenus fonciers et sur certains revenus financiers. Cette stratégie peut être particulièrement intéressante pour les contribuables dont le TMI est inférieur ou proche de 11 %, ou disposant de charges déductibles importantes.
- Comparer les deux régimes avant de finaliser la déclaration de revenus reste essentiel, d'autant plus dans un contexte où les prélèvements sociaux sur l'épargne pourraient être relevés à partir de 2026, ce qui renforcerait l'intérêt des arbitrages faits en amont.
2. Vérifier les montants pré-remplis dans la déclaration
- S'assurer que la CSG déductible a bien été prise en compte (salaire, pension, allocations chômage, revenus fonciers, etc.).
- En cas d'erreur, la rectifier manuellement en s'appuyant sur les relevés fiscaux annuels et les attestations de CSG fournis par les organismes payeurs. Les services en ligne de l'administration fiscale permettent toujours, en 2025, de corriger une déclaration après dépôt dans le cadre de la période de télé-correction.
3. Anticiper son impôt pour éviter les mauvaises surprises
- Simuler son impôt avec la prise en compte de la CSG déductible pour ajuster ses acomptes et éviter un solde trop élevé à payer, notamment pour les indépendants et les propriétaires bailleurs soumis aux acomptes contemporains.
- Adapter son taux de prélèvement à la source si nécessaire, en déclarant à l'administration une variation prévisible de ses revenus ou de ses charges (dont la CSG déductible) pour lisser au mieux la trésorerie sur l'année.
Questions fréquentes
Qui peut bénéficier de la CSG déductible ?
Les contribuables assujettis à la CSG sur les revenus d’activité, de remplacement, du patrimoine ou des produits de placement bénéficient, lorsque la législation le prévoit, de la déduction automatique de la part déductible de CSG. En revanche, pour les revenus relevant du prélèvement forfaitaire unique (PFU), seule l’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu permet de rendre déductible une fraction de la CSG.
La CSG est-elle toujours déductible ?
Non, la CSG n’est que partiellement déductible, et uniquement pour certains types de revenus et selon le régime d’imposition applicable. La fraction non déductible demeure intégrée au revenu imposable et reste soumise à l’impôt sur le revenu.
À titre d’exemple :
- sur les salaires, 6,8 % sont déductibles sur un taux global de 9,2 % ;
- sur les pensions de retraite au taux normal, 5,9 % sont déductibles sur 8,3 % ;
- sur les revenus du patrimoine imposés au barème progressif, 6,8 % sont déductibles sur 9,2 %.
Peut-on récupérer la CSG non déductible ?
Non, la fraction non déductible de la CSG est définitive et ne peut faire l’objet d’aucune récupération. Elle constitue un prélèvement social qui n’ouvre droit ni à réduction, ni à crédit d’impôt, y compris en cas de diminution ultérieure des revenus.
La CSG déductible est-elle prise en compte pour le calcul du revenu fiscal de référence (RFR) ?
Non, la CSG déductible n’est pas intégrée au revenu fiscal de référence (RFR). Ce point constitue un avantage pour l’accès à certains dispositifs sociaux et fiscaux en 2025, tels que le plafonnement de la taxe d’habitation résiduelle sur les résidences secondaires, les exonérations ou taux réduits de CSG applicables aux pensions de retraite, ou encore l’attribution des chèques énergie.
Il convient toutefois de rappeler que les seuils du RFR servant de référence à ces dispositifs sont réévalués chaque année.
Conclusion
La CSG déductible intervient directement dans le calcul de l’impôt sur le revenu en diminuant la base imposable. Son effet varie selon la nature des revenus perçus, le taux applicable (normal, médian ou réduit, notamment pour les pensions de retraite) et le taux marginal d’imposition du contribuable.
En 2025, les principaux mécanismes demeurent inchangés — taux de 9,2 % sur les salaires et les revenus du patrimoine, part déductible de 6,8 %, modulation spécifique pour les retraites — même si des évolutions législatives pourraient conduire à un alourdissement des prélèvements sur l’épargne à compter de 2026.
Bien que la CSG déductible soit automatiquement prise en compte dans la déclaration de revenus, la vérification des montants, le choix du régime d’imposition pour les revenus du patrimoine et une anticipation de la fiscalité restent des leviers permettant d’optimiser l’imposition globale.