Quels sont les comptes d'épargne sans impôts en 2025 ?

L’épargne bancaire demeure une solution privilégiée pour placer des fonds en toute sécurité. Parmi les produits disponibles, certains livrets réglementés exonérés d’impôts permettent d’optimiser le rendement de l’épargne tout en conservant une disponibilité immédiate des sommes déposées.
Dans ce guide 2026, tour d’horizon des principaux livrets non imposables, de leurs taux d’intérêt en vigueur depuis le 1er février 2026, de leurs plafonds et de leurs conditions d’accès. L’objectif : mieux orienter son épargne de précaution dans un contexte marqué par la baisse des taux de l’épargne réglementée décidée par le ministère de l’Économie et des Finances, sur recommandation du gouverneur de la Banque de France.
Les différents livrets d'épargne exonérés d'impôts
Plusieurs livrets réglementés disponibles en France permettent de placer une épargne exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ces produits constituent un socle d’épargne sécurisé, liquide et garanti par l’État. Ils peuvent compléter d’autres solutions de placement, comme l’assurance-vie ou l’immobilier indirect via des SCPI et des OPCI.
Le Livret A
Le Livret A reste le livret d’épargne réglementé le plus répandu en France. Accessible à tous, il ne nécessite aucune condition de revenus.
- Taux d’intérêt : 1,5 % net depuis le 1er février 2026, conformément à la formule de calcul appliquée par la Banque de France et validée par le ministère de l’Économie. Ce taux recule de 0,2 point par rapport à la période comprise entre le 1er août 2025 et le 31 janvier 2026, durant laquelle il s’élevait à 1,7 %.
- Plafond de dépôt : 22 950 €
- Disponibilité des fonds : immédiate
Le Livret A permet de constituer une épargne sécurisée, totalement exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Avec un plafond atteint, soit 22 950 €, il génère environ 344 € d’intérêts nets par an au taux actuel de 1,5 %. Un rendement limité, mais qui conserve un intérêt pour une épargne de précaution facilement mobilisable.
Depuis avril 2018, le taux du Livret A est calculé à partir d’une formule reposant sur la moyenne semestrielle de l’inflation et des taux interbancaires à court terme en euros (€STR), rendant sa rémunération davantage liée au contexte macroéconomique.
Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS)
Le LDDS présente un fonctionnement proche de celui du Livret A, mais il est réservé aux personnes majeures fiscalement domiciliées en France.
- Taux d’intérêt : 1,5 % net depuis le 1er février 2026, soit un niveau identique à celui du Livret A
- Plafond de dépôt : 12 000 €
- Disponibilité des fonds : immédiate
Le LDDS permet notamment de contribuer au financement de projets liés à la transition écologique et à l’économie solidaire. Comme le Livret A, les intérêts générés sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ce livret peut ainsi servir de complément pour une épargne de précaution de court ou moyen terme, notamment lorsque le plafond du Livret A est déjà atteint.
Le Livret d'Épargne Populaire (LEP)
Le LEP s’adresse aux épargnants disposant de revenus modestes. Sa rémunération reste supérieure à celle du Livret A, avec un écart maintenu par les pouvoirs publics afin de préserver son attractivité.
- Taux d’intérêt : 2,5 % net depuis le 1er février 2026, soit un différentiel d’un point par rapport au Livret A. Ce taux recule de 0,2 point par rapport à la période allant du 1er août 2025 au 31 janvier 2026, durant laquelle il atteignait 2,7 %.
- Plafond de dépôt : 10 000 € hors intérêts capitalisés
- Conditions d’accès : réservées aux foyers respectant un plafond de revenus défini chaque année par l’administration fiscale, avec une vérification automatisée possible à partir de l’avis d’imposition
Le LEP reste particulièrement avantageux pour les ménages éligibles grâce à son association entre sécurité, disponibilité des fonds et rendement supérieur aux autres livrets réglementés, tout en bénéficiant d’une exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.
Avec un taux de 2,5 %, un LEP atteint à son plafond de 10 000 € permet de générer environ 250 € d’intérêts nets par an, contre environ 150 € pour un Livret A de même montant rémunéré à 1,5 %. Malgré les baisses successives intervenues ces derniers mois, le LEP demeure ainsi le livret réglementé le plus rémunérateur en 2026 pour les épargnants pouvant y accéder.
Le Livret Jeune
Réservé aux jeunes âgés de 12 à 25 ans, le Livret Jeune propose une rémunération fixée librement par les banques, généralement supérieure à celle du Livret A afin de rester compétitive.
- Taux d’intérêt : 1,25 % minimum, avec des niveaux souvent compris entre 1,5 % et 2 % nets selon les établissements
- Plafond de dépôt : 1 600 € hors intérêts
- Disponibilité des fonds : immédiate
Les intérêts générés sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le Livret Jeune constitue ainsi une première solution d’épargne accessible et sécurisée pour les jeunes souhaitant commencer à se constituer une épargne de précaution, avant de se tourner vers des placements de plus long terme comme l’assurance-vie ou, à terme, l’investissement immobilier, en direct ou via des supports collectifs.
Le Compte Épargne Logement (CEL)
Le Compte Épargne Logement (CEL) permet de constituer une épargne destinée à financer un projet immobilier, tout en conservant des conditions de fonctionnement spécifiques.
- Taux d’intérêt : 1,25 % brut depuis le 1er août 2025. Pour les CEL ouverts à compter du 1er janvier 2018, les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (flat tax), incluant impôt sur le revenu et prélèvements sociaux.
- Plafond de dépôt : 15 300 €
- Disponibilité des fonds : libre, sous réserve de maintenir un solde minimum afin de conserver le compte ouvert
- Fiscalité : les CEL récents sont soumis à la flat tax, tandis que les anciens contrats peuvent bénéficier de régimes fiscaux plus avantageux. La prime d’État éventuelle ainsi que les conditions du prêt épargne logement restent encadrées.
Le CEL ouvre, sous certaines conditions de durée de détention et d’intérêts acquis, un droit à prêt immobilier à un taux réglementé. Dans un contexte de normalisation des taux de crédit, cet avantage apparaît toutefois moins compétitif qu’auparavant, ce qui recentre principalement l’intérêt du CEL sur la constitution progressive d’une épargne logement.
Tableau illustratif des comptes sans impôts
| Compte | Taux d'intérêt | Plafond de dépôt | Conditions d'accès |
| Livret A | 1,5 % net | 22 950 € | Tous publics |
| LDDS | 1,5 % net | 12 000 € | Résidents fiscaux en France |
| LEP | 2,5 % net | 10 000 € | Sous conditions de revenus |
| Livret Jeune | Minimum 1,25 % net | 1 600 € | 12 à 25 ans |
| CEL | 1,25 % brut (soumis PFU 30 % pour CEL récents) | 15 300 € | Sous conditions |
Comment sélectionner le bon livret ?
Pour choisir le livret d’épargne le plus adapté, plusieurs critères peuvent être pris en considération :
- Le taux d’intérêt : une rémunération plus élevée permet d’améliorer le rendement de l’épargne, notamment lorsqu’elle reste exonérée d’impôt. En 2026, le LEP demeure le livret réglementé le plus attractif pour les foyers éligibles, devant le Livret A, le LDDS et la plupart des livrets bancaires fiscalisés.
- Le plafond de dépôt : les plafonds des livrets réglementés peuvent être rapidement atteints lorsque les montants à placer deviennent importants. Il peut alors être pertinent de compléter son allocation avec d’autres supports, comme l’assurance-vie (fonds euros ou unités de compte), les SCPI ou encore les OPCI, afin de diversifier son patrimoine.
- Les conditions d’accès : certains produits sont réservés à des profils spécifiques. Le LEP est soumis à des conditions de revenus, le Livret Jeune est destiné aux 12-25 ans, tandis que le LDDS est réservé aux personnes majeures fiscalement domiciliées en France. Dans certains cas, répartir l’épargne entre les différents membres du foyer peut permettre d’optimiser les enveloppes défiscalisées disponibles.
- L’objectif de l’épargne : le choix dépend également de l’usage envisagé. Une épargne de précaution privilégiera généralement les livrets réglementés comme le Livret A, le LDDS ou le LEP, tandis qu’un projet immobilier pourra orienter vers un CEL ou un PEL. Pour une stratégie patrimoniale de plus long terme, des solutions diversifiées comme l’assurance-vie, le PEA, les SCPI ou les OPCI peuvent également être envisagées.
Avis de l’expert : il convient de distinguer les livrets réglementés défiscalisés des livrets bancaires classiques, souvent appelés « comptes sur livret ». Les offres promotionnelles affichant des taux élevés pendant une période limitée peuvent sembler attractives, mais elles restent généralement temporaires, plafonnées et surtout soumises à la flat tax de 30 %. Pour comparer efficacement les placements, il est donc préférable de raisonner en rendement net d’impôts et de prélèvements sociaux plutôt qu’en taux brut affiché.
Conclusion
En résumé, les livrets réglementés constituent des solutions d’épargne sécurisées, liquides et exonérées d’impôt, adaptées aux épargnants recherchant avant tout stabilité et disponibilité des fonds. Le Livret A, le LDDS, le LEP ou encore le Livret Jeune figurent parmi les principaux livrets non imposables, chacun répondant à des conditions d’accès spécifiques tout en offrant un cadre fiscal avantageux. Le CEL conserve quant à lui un intérêt pour la préparation d’un projet immobilier, même si son régime fiscal s’est progressivement durci pour les ouvertures récentes.
Le choix du livret le plus adapté permet ainsi de combiner sécurité, souplesse d’utilisation et optimisation fiscale. Ces supports restent toutefois principalement destinés à l’épargne de précaution et aux besoins de trésorerie de court terme. Pour construire une stratégie patrimoniale plus diversifiée et viser un potentiel de rendement supérieur sur le long terme, ils peuvent être complétés par d’autres solutions comme l’assurance-vie, le PEA, les SCPI ou les OPCI.