PLFSS 2026 : les évolutions majeures pour les retraites

Adopté définitivement par l'Assemblée nationale le 16 décembre 2025 (247 voix pour, 232 contre, 90 abstentions), le budget 2026 de la Sécurité sociale redéfinit plusieurs paramètres du système de retraite. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) vise à ramener le déficit de la Sécu de 23 milliards d'euros en 2025 à 17,4 milliards en 2026, avec une cible d'équilibre en 2029, et à contenir la hausse des dépenses d'Assurance maladie à 1,6 % (270,4 milliards d'euros).[1][2][3]
Pour les retraités actuels et à venir, les principales inflexions portent sur :
- la mise en pause temporaire de la réforme des retraites de 2023,
- une revalorisation limitée des pensions,
- des ajustements fiscaux et des règles de cumul emploi-retraite.
Ces arbitrages, fruit d'un compromis politique serré, mettent en lumière les défis démographiques — vieillissement et baisse relative des actifs — qui fragilisent l'équilibre du système.[3] Face à ces aléas, un spécialiste de l'épargne rappelle que la constitution d'une épargne retraite complémentaire demeure le meilleur rempart pour sécuriser son niveau de vie futur.
Suspension de la réforme des retraites : un sursis jusqu'en 2028
La mesure phare du PLFSS 2026 est la suspension, jusqu'au 1er janvier 2028, du calendrier de relèvement de l'âge légal instauré par la loi du 14 avril 2023. Ce relèvement devait porter progressivement l'âge de 62 à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968, tout en allongeant la durée d'assurance.[1][2][3]
Il s'agit d'un report et non d'un abandon : pour les natifs de 1964, l'âge applicable reste fixé à 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans).[1] Les générations 1965 à 1968 verront leur âge de départ décalé d'un trimestre par rapport au calendrier initial, tandis que la durée d'assurance est allégée d'un trimestre pour 1964 et 1965 (et maintenue à 172 trimestres, soit 43 ans, pour 1966 et suivantes).[2]
Cette pause, qui a suscité un soutien décisif (vote du PS, abstention des Écologistes), concerne directement les assurés partant en 2026-2027. Son financement repose sur :
- une revalorisation moindre des pensions en 2027,
- une contribution accrue des complémentaires santé,
pour un coût estimé à 100 millions d'euros en 2026 et 1,4 milliard en 2027.[1][3] Les partenaires sociaux sont appelés à négocier un nouvel équilibre d'ici 2028, avec l'hypothèse d'un retour au calendrier de réforme après la suspension.[1]
Revalorisation des pensions : de 0,9 % au 1er janvier 2026
Après avoir écarté un projet de gel des pensions — qui aurait permis d'économiser 2,7 milliards d'euros —, le texte retient une hausse de 0,9 % des pensions de base et des minima sociaux au 1er janvier 2026, conformément à l'indexation sur l'inflation prévue par la loi.[1][2][4]
Cette revalorisation, modeste par rapport aux années où l'inflation était entièrement suivie, s'appliquera aux pensions prenant effet à compter de septembre 2026, après parution des décrets.[2] Le projet de gel d'autres prestations sociales a également été abandonné.[2]
Elle illustre des arbitrages destinés à limiter l'érosion du pouvoir d'achat des retraités sans creuser davantage les dépenses publiques.
Changements fiscaux et sur le cumul emploi-retraite
Augmentation de la CSG sur le capital
L'une des mesures fiscales marquantes est l’augmentation de la CSG sur le capital : le taux passe de 9,2 % à 10,6 %, mais son assiette est resserrée, exonérant les revenus d'épargne financière (assurance-vie, PEL, revenus fonciers, plus-values immobilières).[1] L'impact est ainsi atténué pour les retraités vivant de ces placements, même si la fiscalité globale du capital progresse.
Réforme du cumul emploi-retraite à partir de 2027
En 2027, un nouveau cadre de cumul emploi-retraite entrera en vigueur, avec une progressivité selon l'âge :
- Avant l'âge légal (à terme 64 ans) : cumul possible mais écrêtement intégral de la pension, à hauteur du salaire perçu dès le 1er €.[2]
- Entre l'âge légal et 67 ans : cumul partiel avec écrêtement à 50 % au-delà d'un seuil (environ 7 000 € annuels).[2]
- Après 67 ans : cumul intégral, ouvrant droit à une seconde pension.[2]
L'objectif est de mieux encadrer le cumul tout en laissant une latitude à ceux qui souhaitent prolonger leur activité.
Surtaxe sur les complémentaires santé
Le texte instaure aussi une surtaxe exceptionnelle d'1 milliard d'euros sur les complémentaires santé. Un amendement, potentiellement sujet à censure constitutionnelle, vise à encadrer les hausses tarifaires des mutuelles.[1] À terme, cela pourrait influencer le coût de la complémentaire santé pour les retraités.
Conseils pratiques pour anticiper ces changements
Ces décisions rappellent la vulnérabilité du système par répartition, pris entre déficit structurel et reports de réformes. Comprendre ces évolutions est utile, mais bâtir une épargne retraite complémentaire l'est encore davantage.
Pour consolider votre avenir financier, combinez plusieurs outils :
- Le PER (Plan d'Épargne Retraite), avec des avantages fiscaux grâce à la déduction des versements.
- L'assurance-vie, souple pour diversifier, préparer une rente viagère ou des retraits programmés.
- Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier), générant des revenus potentiellement réguliers adossés à l'immobilier, relativement décorrélés des ajustements du PLFSS.
Concrètement, vous pouvez :
- mettre en place des versements programmés sur votre PER ou votre contrat d'assurance-vie,
- évaluer votre situation retraite via l'outil officiel info-retraite.fr, pour repérer d'éventuels écarts,
- solliciter un conseiller en gestion de patrimoine afin de définir une allocation d'actifs compatible avec votre horizon et votre tolérance au risque.
Conclusion
Le PLFSS 2026 offre un répit grâce à la suspension temporaire de la réforme des retraites et à une revalorisation symbolique des pensions, au prix d'ajustements fiscaux et d'une stricte maîtrise des dépenses (Ondam stable à 266 milliards d'euros).[1][3]
En attendant la décision du Conseil constitutionnel et la publication au Journal officiel fin décembre 2025, une priorité se dessine : diversifier ses sources de revenus. Faire grandir une épargne complémentaire n'est plus un confort, mais une nécessité pour préserver son niveau de vie. Agissez dès maintenant pour préparer une retraite plus sereine.
À retenir
- Le budget 2026 de la Sécurité sociale réduit le déficit et reporte partiellement la réforme des retraites à 2028.
- L'âge légal est provisoirement figé (62 ans et 9 mois pour les natifs de 1964), avec un ajustement de la durée d'assurance.
- Les pensions de base et minima sociaux progressent de 0,9 % au 1er janvier 2026, limitant partiellement la perte de pouvoir d'achat.
- Des évolutions fiscales (CSG sur le capital, surtaxe sur les complémentaires santé) et une refonte du cumul emploi-retraite influenceront les choix des seniors.
- Face à l'incertitude, la mise en place d'une épargne retraite complémentaire (PER, assurance-vie, SCPI) devient un levier clé pour sécuriser sa retraite.
Conseil d'expert
Spécialiste de l'investissement immobilier et des SCPI, je vous invite à profiter de cette phase de transition pour mettre en place une stratégie de revenus complémentaires. Les SCPI, en complément du PER et de l'assurance-vie, permettent de mutualiser le risque locatif, d'accéder à l'immobilier professionnel avec un ticket d'entrée réduit et de viser des revenus potentiellement réguliers. Diversifiez vos SCPI (secteurs, zones, styles de gestion) et intégrez-les dans une approche patrimoniale globale, tenant compte de votre fiscalité et de votre horizon. Un diagnostic retraite complet, assorti d'une simulation de revenus futurs, constitue souvent le meilleur point de départ pour ajuster votre effort d'épargne dès aujourd'hui.