immobilier-2025-la-reprise-est-la-portee-par-la-valeur-verte

Après deux années de net ralentissement, le marché de l'ancien en France enclenche une remise en marche progressive en 2025, confirmée par le bilan annuel des Notaires de France présenté le 8 décembre 2025.[2][5] La dynamique se raffermit avec une hausse des transactions et une stabilisation des prix, même si l'ensemble demeure exposé à un environnement économique et politique encore incertain.

Me Priscille Caignault, membre du bureau du Conseil supérieur du notariat, insiste sur la constance de l'intérêt des ménages pour la pierre, tout en soulignant leur forte sensibilité à la visibilité économique et politique.[5] Dans ce contexte, la valeur verte s'affirme comme un levier majeur : la performance énergétique devient un déterminant central de la valorisation, influençant directement volumes et prix.[2]

Transactions immobilières : un net rebond en 2025

Entre septembre 2024 et septembre 2025, le volume des transactions dans l'ancien repart à la hausse, marquant la sortie du cycle de repli entamé en 2022.[2][5] Points clés :

  • 921 000 transactions en 12 mois en France (hors Mayotte), soit +11 % sur un an après un point bas historique, un niveau proche de 2017 ou du début 2024.[1]
  • Environ 929 000 ventes à fin octobre 2025 selon Meilleurs Agents, confirmant une reprise de 11 %.[1]

Le redressement initié fin 2024 se prolonge en 2025 sans retrouver les sommets d'avant 2022. Il combine un effet de rattrapage post-crise des taux et une normalisation plus durable, grâce à une demande ravivée proche de celle de 2021.[1]

Prix de l'immobilier : stabilisation et légère reprise

Après la correction de 2023-2024, les prix immobiliers se stabilisent et repartent très modérément :

  • Appartements anciens : +1,3 % sur un an en France métropolitaine, en province comme en Île-de-France ; projections à +2 % début 2026.[1][2][5]
  • Moyenne nationale : +1,6 % sur un an, avec Paris à +2,9 %, Nice à +3,3 %, et Nantes en repli de -3,9 %.[1]
  • Maisons anciennes : stabilité globale (0 %), province en légère hausse (+0,5 % au T1 2025), Île-de-France en baisse atténuée (-1,1 %).[1][2][5]

Au T1 2025, les prix progressent de +0,5 % au national (+0,7 % en province, -0,3 % en Île-de-France), tirés par les appartements (+0,7 %).[1] Pour 2026, une hausse de 2 à 3 % est envisagée dans de nombreuses métropoles.[7]

Pouvoir d'achat immobilier : un signal positif

Le pouvoir d'achat immobilier se redresse sensiblement en 2025, retrouvant son niveau de 2022 :

  • 81 m² finançables en moyenne (+5 % de capacité d'emprunt sur un an), soit 57 m² pour les appartements (+2 m²) et 98 m² pour les maisons (+5 m²).[3]
  • Moteurs : reflux des taux (de 4,2 % vers 3,4-3,5 % sur 20-25 ans depuis le printemps 2025), revenus en légère hausse et prix stabilisés.[1][3]

Cette amélioration, pour la deuxième année consécutive, alimente la reconstitution de la demande et rend des marges de manœuvre aux ménages.[3]

Logement neuf et terrains : une reprise incomplète

Dans le neuf, un frémissement s'observe (+2 % de ventes fin septembre 2025), mais l'activité reste environ 35 % sous les niveaux de 2023, freinée par :

  • la hausse des coûts de construction,
  • la rareté du foncier,
  • une incertitude réglementaire persistante.[2]

Les terrains à bâtir poursuivent leur chute (divisés par deux en deux ans), pénalisés par l'exclusion de la maison individuelle du PTZ.[2] Ce segment demeure le talon d'Achille de la reprise.

Valeur verte : l'énergie, un critère déterminant de la reprise

La valeur verte accélère nettement la reprise en 2025 : la performance énergétique influence de plus en plus les prix et les volumes. D'après les premières conclusions de l'étude 2024 des Notaires :

  • 40 % des logements anciens vendus sont classés E, F ou G (jusqu'à 65 % à Paris et en Île-de-France).[2]
  • Progression des ventes de logements performants : classe D à 35 % (+2 points), classe C à 24 % (+2 points) en 2025.[3]
  • Effet prix : appartement classe A +16 % vs. D ; maison classe G -25 % vs. D.[2]

Avec l'interdiction progressive de louer les passoires énergétiques (G dès 2025, F en 2028), les acheteurs privilégient les biens déjà rénovés, ce qui :

  • renforce leur valeur patrimoniale,
  • améliore leur liquidité à la revente,
  • réduit le risque réglementaire pour les investisseurs.

En 2025, cette sélectivité verte dope la reprise, en particulier pour les biens classés D-C-B, qui captent une part croissante des transactions.[2][3]

Premières tendances 2026 : prudence, sélectivité et valeur verte

Les projections notariales tablent sur une poursuite de la reprise en 2026, avec des hausses de prix modérées (autour de +2 %) et une forte dépendance au contexte macroéconomique : taux stabilisés près de 3,5 %, politique monétaire prudente et croissance mesurée.[1][2][5][7]

Dans ce cadre, la valeur verte devrait gagner encore en importance, favorisant les logements sobres en énergie sur un marché mieux équilibré. Les biens mal classés devront être rénovés ou proposés avec une décote significative pour rester compétitifs.

Lien avec l'investissement en SCPI

Pour les SCPI, cette reprise sélective crée une fenêtre d'opportunité :

  • La stabilisation des prix permet des acquisitions disciplinées, à l'abri d'excès spéculatifs.
  • La valeur verte bonifie les stratégies de rénovation énergétique et de montée en gamme des DPE (C-B), en anticipant la RE2020 et les futures restrictions locatives.
  • Une reprise graduelle soutient la rentabilité locative et le potentiel de création de valeur à long terme, sans emballement.

Une diversification par typologies (immobilier vert, bureaux, commerces, résidentiel) reste pertinente pour 2025-2026 afin de lisser les cycles et capter les tendances de la transition énergétique.

Conclusion

En 2025, la reprise immobilière se matérialise (+11 % de transactions, prix stabilisés ou en légère hausse, pouvoir d'achat en hausse de 5 %), portée en premier lieu par la valeur verte qui différencie fortement les biens selon leur performance énergétique.[1][2][3][5]

Pour 2026, le scénario reste constructif mais sélectif : investisseurs et acquéreurs ont intérêt à prioriser l'efficience énergétique et la diversification, notamment via des véhicules comme les SCPI, afin de capter la performance tout en maîtrisant les risques.

À retenir

  • Le marché de l'ancien renoue avec la croissance en 2025, avec un rebond des transactions et une stabilisation des prix.
  • Le pouvoir d'achat immobilier progresse grâce à la détente des taux et à la modération des prix, restaurant la capacité d'emprunt des ménages.
  • La valeur verte devient un repère central : les biens économes en énergie se vendent mieux et plus cher, tandis que les passoires sont sanctionnées.
  • Le neuf et les terrains restent en retrait, freinés par les coûts de construction, le foncier rare et les incertitudes réglementaires.
  • Pour les investisseurs, notamment via les SCPI, la période est propice à une approche sélective orientée vers des actifs verts et bien localisés.

Conseil d'expert Immobilier

Priorisez des stratégies centrées sur le verdissement du patrimoine : audit énergétique, planification pluriannuelle des travaux et suivi ESG deviennent des critères décisifs. La diversification des usages aide à lisser le risque locatif.