Instaurée par la loi de finances pour 2018, la flat tax — le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) — a profondément simplifié la fiscalité de l'épargne en France. En 2026, une évolution majeure s'applique : le taux global du PFU grimpe de 30 % à 31,4 % sur la plupart des revenus du capital mobilier, à la suite d'une hausse de la CSG actée dans le PLFSS 2026[1][2][4][5]. Tous les supports ne sont toutefois pas touchés de la même manière.

Ce guide pas à pas réunit l'essentiel sur la flat tax en 2026 : fonctionnement, revenus concernés, arbitrage avec le barème progressif, stratégies d'optimisation et cas particuliers, notamment pour l'investissement en SCPI.

Qu'est-ce que la flat tax ?

Définition et logique générale

La flat tax, ou PFU, est un prélèvement à taux unique appliqué aux revenus du capital mobilier et aux plus-values de cession de valeurs mobilières. À l'inverse du barème progressif de l'impôt sur le revenu, le PFU n'augmente pas par tranches : il s'applique au même taux forfaitaire quel que soit le niveau de revenus du contribuable[1][2][3].

Créé en 2018 pour simplifier et rendre prévisible la fiscalité de l'épargne, le PFU a remplacé l'empilement d'anciens régimes :

  • multiplicité de règles selon les supports ;
  • abattements de durée parfois complexes ;
  • barèmes spécifiques et prélèvements sociaux hétérogènes.

Résultat : un cadre plus lisible pour l'épargnant et plus compétitif pour l'attractivité des capitaux[3].

Les termes « flat tax » et « PFU » recouvrent exactement la même réalité. La vraie alternative à évaluer n'est donc pas entre ces deux expressions, mais bien entre PFU et barème progressif de l'impôt sur le revenu[1][2].

De quoi se compose le taux ?

Le PFU additionne deux composantes :

  • 1. Impôt sur le revenu (IR) : 12,8 %
    Ce taux est inchangé depuis 2018 et demeure stable en 2026[1][2][4].
  • 2. Prélèvements sociaux : 17,2 % ou 18,6 % selon les revenus
    Depuis le 1er janvier 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale a créé une Contribution Financière pour l'Autonomie (CFA) de 1,4 point. Sur les revenus concernés, le total des prélèvements sociaux passe ainsi de 17,2 % à 18,6 %[1][4][5].

Le détail des prélèvements sociaux (taux 2026 sur les revenus concernés par la hausse) est le suivant :

  • CSG : 9,2 % → 10,6 %[4] ;
  • CRDS : 0,5 % ;
  • Prélèvement de solidarité : 7,5 %.

La conséquence est un PFU global à 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) pour la majorité des revenus mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values sur titres)[1][2][5].

Certains placements conservent néanmoins des prélèvements sociaux à 17,2 %, soit un PFU total de 30 %. C'est le cas de l'assurance-vie et des revenus fonciers[1][2].

Les revenus concernés par la flat tax

Revenus soumis au PFU

Le PFU s'applique de droit aux catégories suivantes[2][3] :

  • Dividendes : qu'ils proviennent de sociétés françaises ou étrangères, ils supportent le PFU. En 2026, le taux global atteint 31,4 %. Un acompte de 12,8 % (part IR) est prélevé par l'établissement payeur[1][2].
  • Intérêts : comptes à terme, livrets fiscalisés, obligations, comptes courants d'associés… Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) demeurent exonérés[2].
  • Plus-values mobilières : gains lors de la cession d'actions, obligations, parts d'OPC/ETF détenus hors enveloppe fiscale. Les moins-values sont imputables sur 10 ans[2].
  • Gains sur crypto-actifs : imposés au PFU lors de la conversion en monnaie ayant cours légal depuis 2019[3].
  • Distributions d'OPC : imposées au PFU selon la nature du revenu (dividendes, intérêts, plus-values)[2].

Revenus exclus du PFU

Certains revenus obéissent à des régimes spécifiques[2] :

  • Revenus fonciers : loyers (y compris via SCPI en direct) imposés au barème progressif + 17,2 % de prélèvements sociaux (taux inchangé en 2026).
  • Plus-values immobilières : régime dédié, avec 19 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, assortis d'abattements de durée.
  • Produits des livrets réglementés : Livret A, LDDS et LEP exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux.
  • PEA après 5 ans : exonéré d'impôt sur le revenu, avec seuls prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026[2].

Ce qui change en 2026 : la hausse à 31,4 %

Origine de la réforme

La LFSS 2026, promulguée fin 2025, introduit la Contribution Financière pour l'Autonomie (CFA) de 1,4 point. En conséquence, la CSG sur les revenus du capital mobilier passe de 9,2 % à 10,6 %, faisant évoluer les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % et le PFU à 31,4 %[1][4][5][6].

Quels placements basculent ?

Le PFU à 31,4 % s'applique notamment aux :

  • Dividendes en compte-titres ;
  • Intérêts d'obligations et comptes à terme ;
  • Plus-values mobilières (hors PEA) ;
  • Gains sur crypto-actifs[1][2].

Restent au PFU global de 30 % ou à un régime distinct :

  • Assurance-vie (prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %) ;
  • Revenus fonciers (dont SCPI en direct) : barème + 17,2 % ;
  • Plus-values immobilières : régime spécifique inchangé[1][2].

Flat tax ou barème progressif : comment choisir ?

Par défaut, vos revenus mobiliers sont taxés au PFU. Vous pouvez toutefois opter pour le barème progressif en cochant la case 2OP sur la 2042. Attention : cette option est globale et irrévocable pour tous les revenus éligibles de l'année[3].

Quand préférer le barème progressif

  • TMI à 0 % ou 11 % : l'impôt sur le revenu est nul ou modéré et l'abattement de 40 % sur les dividendes joue à plein. Dans ces cas, le barème bat souvent le PFU[3].
  • Dividendes élevés : l'abattement de 40 % combiné à la CSG déductible (6,8 %) peut rendre le barème plus compétitif si vos autres revenus restent mesurés[3].

Quand le PFU l'emporte

  • TMI à 30 % ou plus : le PFU plafonne l'IR à 12,8 % sur intérêts et plus-values (sans abattement), ce qui devient très avantageux[1][3].
Tranche marginaleIntérêts au barème (global)Option la plus intéressante[3]
0 %17,2 %Barème
11 %27,45 %Barème
30 %45,16 %PFU
41 %55,41 %PFU
45 %59,14 %PFU

Focus sur les principaux placements : fiscalité détaillée

  • Assurance-vie : prélèvements sociaux à 17,2 % (PFU total 30 %). Après 8 ans, abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € pour un couple, et taux d'IR à 7,5 % sous 150 000 € de versements (tous contrats confondus)[2].
  • PEA : après 5 ans, 0 % d'impôt sur le revenu ; seuls les prélèvements sociaux à 18,6 % s'appliquent en 2026[2].
  • SCPI :
    • en détention directe : revenus fonciers au barème + 17,2 % ;
    • via assurance-vie : imposition au rachat selon les règles de l'assurance-vie (PFU 30 % ou barème, avec abattements après 8 ans)[2].

Cas particulier : la flat tax et les SCPI

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) ont une fiscalité singulière.

  • Revenus de SCPI en direct : ce sont des revenus fonciers, donc hors PFU, imposés au barème + 17,2 % de prélèvements sociaux (taux inchangé en 2026)[2].
  • SCPI dans une assurance-vie : pas d'imposition immédiate ; la fiscalité intervient au rachat selon le régime de l'enveloppe (PFU 30 % ou barème avec abattements). C'est un levier pertinent pour adoucir la fiscalité.
  • Plus-values sur parts de SCPI : régime des plus-values immobilières (19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux), avec abattements de durée.

Stratégies d'optimisation fiscale

Avec un PFU à 31,4 %, structurer votre allocation fiscale devient encore plus déterminant.

  • Prioriser les enveloppes : concentrer les actifs fortement générateurs d'intérêts dans :
    • PEA pour actions européennes (exonération d'IR après 5 ans) ;
    • Assurance-vie pour la diversification (abattements après 8 ans, PFU 30 %) ;
    • PER pour la retraite (versements déductibles) ;
    • Compte-titres pour la flexibilité, en acceptant le PFU à 31,4 %[2].
  • Gérer les moins-values : imputables sur 10 ans sur les plus-values de même nature ; tenez un suivi précis pour réduire la base taxable[2].
  • Bien utiliser l'option 2OP : les contribuables à faible TMI (0 % ou 11 %) ont souvent intérêt au barème, surtout sur les dividendes[3].
  • Dispense d'acompte : sous certains seuils de RFR, vous pouvez éviter l'acompte de 12,8 % sur intérêts et dividendes afin d'améliorer la trésorerie[3].

Le barème de l'impôt sur le revenu 2026

Pour arbitrer entre PFU et barème progressif, voici le barème 2026 :

Tranche (par part)Taux
Jusqu'à 11 497 €0 %
11 497 - 29 315 €11 %
29 315 - 83 823 €30 %
83 823 - 180 294 €41 %
Au-delà45 %

Comparaison internationale

La flat tax française se situe dans le haut de la fourchette européenne :

  • France : 31,4 % sur la plupart des revenus du capital[1] ;
  • Italie : 26 % ;
  • Allemagne : 26,4 % ;
  • Belgique : 30 %[5].

Erreurs courantes à éviter

  • Ignorer le caractère global de l'option : la case 2OP vaut pour tous les revenus concernés. Impossible de panacher PFU et barème sur la même année[3].
  • Oublier de déclarer ses crypto-actifs : les comptes ouverts sur des plateformes étrangères (formulaire 3916-bis) et les gains imposables doivent être déclarés[3].
  • Confondre PFU et prélèvement à la source : le PFU est un régime de taxation du capital, différent du prélèvement à la source sur salaires et pensions[3].
  • Présumer la CSG déductible sous PFU : sous PFU, la CSG n'est pas déductible ; la déductibilité partielle (6,8 %) ne joue qu'au barème[3].

Questions fréquentes

Les SCPI relèvent-elles du PFU ?
Non si elles sont détenues en direct : leurs revenus sont des revenus fonciers taxés au barème + 17,2 % de prélèvements sociaux[2]. Logées dans une assurance-vie, elles suivent la fiscalité de l'enveloppe.

La CSG est-elle déductible avec le PFU ?
Non. En régime flat tax, la CSG n'est pas déductible. La déductibilité partielle (6,8 %) ne s'applique qu'en cas d'option pour le barème progressif[3].

Conclusion

Avec une flat tax à 31,4 % en 2026, la note fiscale augmente pour les dividendes, intérêts et plus-values mobilières, tandis que l'assurance-vie, les revenus fonciers et les SCPI en direct sont globalement préservés. L'essentiel pour l'investisseur est de trancher entre PFU et barème selon sa TMI et d'exploiter au mieux les enveloppes fiscales disponibles[1][2][3].

En cas d'hésitation, réalisez des simulations avec les deux options ou sollicitez un conseiller en gestion de patrimoine afin d'ajuster la stratégie à votre situation.

À retenir

  • Depuis 2026, la flat tax sur les revenus du capital mobilier passe de 30 % à 31,4 % du fait de la hausse des prélèvements sociaux.
  • Le PFU réunit un IR à 12,8 % et des prélèvements sociaux à 18,6 % pour la plupart des revenus mobiliers.
  • L'assurance-vie, plusieurs produits immobiliers et les revenus fonciers conservent une fiscalité spécifique ou des PS à 17,2 %.
  • Le choix entre PFU et barème progressif dépend de votre tranche marginale et du type de revenu (dividendes, intérêts, plus-values).
  • Les SCPI en direct ne relèvent pas du PFU mais de la fiscalité des revenus fonciers ; via assurance-vie, elles bénéficient du régime de l'enveloppe.
  • Pour optimiser, répartissez entre PEA, assurance-vie, PER et compte-titres, et suivez vos moins-values pour les imputer.

Sources

  • Loi de finances pour 2018 – instauration du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU).
  • Code général des impôts – dispositions relatives à la fiscalité de l'épargne et des revenus mobiliers.
  • Doctrine administrative (BOFiP) – commentaires sur l'option pour le barème progressif (case 2OP) et la fiscalité des dividendes.
  • Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (LFSS 2026) – création de la Contribution Financière pour l'Autonomie (CFA).
  • Comparaisons internationales des taux de prélèvements sur le capital (Italie, Allemagne, Belgique).
  • Analyses et dossiers pédagogiques spécialisés sur la fiscalité de l'épargne et des SCPI, notamment sur meilleurescpi.com.

Conseil de l'expert

La hausse de la flat tax renforce l'intérêt d'une vision globale de votre épargne. Pensez en allocation d'actifs et en allocation fiscale. Logez en priorité les actifs fortement générateurs d'intérêts (obligations, fonds euros riches en coupons, SCPI) dans des enveloppes protectrices comme l'assurance-vie ou le PER, et réservez le compte-titres aux stratégies actions/ETF pour lesquelles le PFU demeure compétitif.

Avant de cocher la case 2OP, simulez systématiquement l'impact sur l'ensemble des revenus mobiliers : un mauvais choix peut coûter cher. Pour les SCPI, étudiez sérieusement la détention via assurance-vie ou contrat de capitalisation, souvent utile pour lisser la fiscalité et optimiser la transmission. Un bilan patrimonial personnalisé reste la meilleure voie pour ajuster vos décisions à vos objectifs.